A toi ma belle, a toi ma grande...

tu étais déjà assez âgée, mais tu aurais encore pu vivre de belles années...
tu étais belle, et tu étais vive encore, malgré ton âge, malgré tes rhumatismes.
je te côtoyais tous les jours, et je t'en voulait de lui être toujours aussi fidèle malgré ce qu'il t'imposait.
et puis un jour, tu ne l'as plus amusé, il s'était lassé de son dernier jouet.
alors, on t'a confiée à moi.
à l'époque, j'avais déjà beaucoup de boulot, et toi en plus, ça faisait trop.
et puis finalement, on a fini par s'apprivoiser mutuellement.

un jour, je suis partie, je t'ai laissée à leurs bons soins.
et puis ils en ont eu marre.
ils voulaient vous donner tous les deux.
mais ils m'ont prévenu, et on vous a mis en pension.
et puis, j'ai trouvé cette aubaine pour le transport.
mais je ne pouvais pas payer pour deux.
alors j'ai choisi.
je t'ai laissée là-bas, je t'ai abandonnée.
je leur faisais confiance, je pensais que tu serais bien.
mais non. tu ne pouvais plus travailler.
ils t'ont tué...

si je ne t'avais pas abandonné,
si je t'avais ramené, tu serais encore là...

Taïga...

tu restera toujours là, dans mon coeur...
avec mes regrets.
si j'avais trouvé un boulot plus vite...
je t'aurais ramené...
le climat sec du sud t'aurait fait du bien...
tu aurais survécu...

Taïga...

je t'entends encore taper du sabot contre la paroi de ton box pour m'appeler quand tu avais faim ou soif...
je t'entends encore hennir de bonheur à me voir ou à m'entendre arriver...
mais tu n'es plus là....

Taïga...